KAKEMONO ou KAKEJIKU



Le kakemono (掛物?), de kake(ru) (掛け(る)?, « accrocher ») et mono (?, « objet », « chose »), est également appelé :

  • kakejiku (掛軸?)
  • kakefuku (掛幅?) ;
  • jikumono (軸物?) ;
  • jiku (?) ;
  • fuku (?) ;
  • kake-e (掛絵?ancien nom) ;
  • kakeji (掛字?ancien nom).

Au sens strict, c'est le mot kakejiku qui convient le mieux pour désigner ces peintures ou ces calligraphies car il fait référence à la baguette (jiku) horizontale placée à l'extrémité basse du rouleau et qui permet à l'œuvre de tenir droite lorsqu'elle est accrochée (kakeru). Un autre mot japonais, makimono, désigne quant à lui le rouleau horizontal qui n'est pas destiné à être suspendu et peut donc être d'une longueur variable, parfois considérable.

Durant l'époque d'Edo, on appelait également kakemono-e les kakemono créés par les artistes de l’ukiyo-e

De plus, une paire de kakemono est appelée sōfuku, et un triptyque sampukutsui.

Cette forme de montage en rouleaux remonterait à la dynastie Tang en Chine. Elle serait en rapport avec la copie et la conservation des textes bouddhistes (sutras) sous la forme de makimono. Le kakejiku viendrait alors de l'idée de suspendre au mur ce qui au départ était destiné à la lecture et à la récitation sous une forme horizontale. Elle serait parvenue au Japon à partir du VIe siècle jusqu'au début de l’époque de Heian (795-1192), où les ambassades sont nombreuses et où se développe le bouddhisme ésotérique Shingon, quand les moines rapportaient de Chine et de Corée des rouleaux de sūtra. Voyage qu'ils effectuaient au péril de leur vie, comme le raconte le très beau roman de Yasushi Inoue La tuile de Tenpyō.

Le bouddhisme Shingon se développe sous l'impulsion du grand moine Kukai, après son voyage en Chine en l'an 802, et se différencie du bouddhisme en place à l'époque au Japon, connu comme le bouddhisme des écoles de Nara. Le bouddhisme Shingon est un bouddhisme ésotérique, comme le bouddhisme tibétain. À ce titre, il accorde beaucoup d'importance aux représentations picturales, en plus des sūtra. Historiquement ces rouleaux pouvaient être installés à l'extérieur, sur une terrasse ou dans un paysage propice, comme on le voit dans des représentations chinoises anciennes. Aujourd'hui ce n'est guère le cas, et l'on trouve ce genre d'encadrement principalement à l'intérieur des temples, dans des musées d'art classique, ou dans quelques rares galeries d'art contemporain.

Au XIXe siècle de très grands peintres japonais, Takeuchi Seihō (le dernier maître de Uemura Shōen, célèbre femme peintre) et Kawanabe Kyōsai, entre autres, ont utilisé cette manière traditionnelle d'encadrer leurs œuvres.


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