Techniques de culture
Techniques de culture Par Patrice Bongrand
Les substrats
Qu’il s’agisse d’un yamadori (arbre prélevé dans la nature)
ou qu’il s’agisse d’un arbre acheté dans une pépinière ou chez un professionnel
du bonsaï, le bonsaïka devra savoir cultiver les bonsaï dans de bons substrats
drainants, aérés et adaptés à chaque espèce. Une bonne gestion de la fertilisation et de l’arrosage est aussi
fondamentale.
Lorsqu’on travaille sur un
bonsaï, il faut savoir que toute intervention sur le système racinaire (A)- :
Tailles et nettoyages des
racines, rempotage, a une répercussion sur la masse foliaire.
De même, toute intervention
sur la masse foliaire (B) :
Coupes de branches, tailles,
désaiguillage, effeuillage, pincements, va avoir une incidence sur le système racinaire.

Donc, si ces
bonsaï ne sont pas bien cultivés, avec les substrats adéquates, chacune de ces
interventions va les affaiblir fortement.
Les
qualités essentielles d’un substrat de bonsaï :
- aéré ;
- drainant ;
- rétenteur d’eau ;
- stable ;
- adapté.
Aéré :
un substrat trop compact, non aéré, lourd, affecte considérablement la
végétation du bonsaï et favorise la pourriture des racines. L’oxygène est un
élément absolument indispensable pour les racines.
Drainant :
l’excès d’eau asphyxie les racines et les prive d’oxygène. Un bon substrat de bonsaï
doit être impérativement drainant.
Rétenteur :
il faut que ce substrat retienne tout de même un peu d’eau (avec les
oligo-éléments et substances nutritives), afin que celle-ci soit toujours
disponible, principalement pendant la saison chaude et sèche.
Stable :
si l’on veut que le substrat d’un bonsaï puisse garder les trois qualités
précédentes, il doit être stable et ne pas se déliter, ni se réduire en poudre
avec le temps. Mais un substrat évolue avec l’arbre.
Adapté :
le substrat d’un bonsaï doit convenir à l’espèce concernée. On ne fait pas le
même substrat pour un pin, un hêtre ou une azalée.
Les matériaux de
bases :
Bien que les substrats
japonais ai fait leur preuve, ils sont surtout excellent pour
« finir » les arbres, notre expérience nous montre que l’on put
obtenir d’excellents résultats avec des matériaux issus de nos
carrières c’est-à-dire :
-Pouzzolane.
-Zéolithe.
-Pomice.
-Gravier concassé calcaire.
-Arène granitique (idem au
kyriu).
D’ailleurs, au Japon les
amateurs et professionnels de bonsaï utilisent de plus en plus ces mêmes
matériaux.
Dans la pratique de l’art
de la culture des bonsaï, il ne s’agit pas seulement de maintenir un arbre en
vie. Bien que devant traduire des sentiments d’âge et de vécu au
niveau de son tronc, de ses branches et de son enracinement, un bonsaï doit
être un arbre en pleine santé, fort et vigoureux, qui exprime la vitalité, la
jeunesse au niveau de sa masse foliaire.
Adapter ses substrats au
climat et espèces locales
Il faudra les adapter en
fonction du climat de votre région. Si vous habitez une région humide, augmentez
le pouvoir drainant de vos mélanges (graviers, arène granitique). Si vous
habitez une région sèche, vous devez accroître le pouvoir de rétention de vos
mélanges (pouzzolane, pomice, zéolithe,
akadama)
Seule, votre expérience personnelle pourra vous
permettre de faire les mélanges optimaux.
Nota :
Après plus de 15 ans
d’expérience on peut dire que dans ces substrats les arbres enracinent merveilleusement
bien avec une division racinaire exceptionnelle, gage d’une belle ramification
avec d’un bourgeonnement arrière vigoureux. On observe aussi un développement
important des mycorhizes (Les mycorhizes sont des organes mixtes, une
association symbiotique entre un champignon et les racines de végétaux ;
ils jouent un rôle vital dans la nutrition des arbres.




